Thursday, April 12, 2007

En réponse à Lauzon

Le très coloré et actif professeur Lauzon de l'Université du Québec à Montréal ressort le sujet qui le passionne depuis si longtemps ; la nationalisation du pétrole. Ici, je dois mentionner qu'une partie de l'analyse de Lauzon est précise, mais pas pour les bonnes raisons. Je commence avec l'aspect économique et je viendrai ensuite à l'aspect politique.

Premièrement, le professeur Lauzon ne mentionne pas les mauvais côtés de la nationalisation. Prenons l'exemple du Zambie, petit pays coincé au sud-est de l'Afrique, et de ses réserves de cuivre. Lors de la nationaliastion au cours des années 1990 , 700 000 tonnes de cuivre étaient extraites du sol. Environ 30 ans après la quantité a diminué à 249 100 tonnes. Bien sûr la chute des prix n'a pas aidé, mais l'inefficacité de l'entreprise publique a été tout aussi dommageable. Par contre, suite à la privatisation à KCM, firme Indienne, 427 000 tonnes étaient produites. En 2008, les projections sont de 900 000 tonnes suite aux investissements en capital humain et en capital physique.

D'autres cas de nationalisation des ressources naturelles n'ont pas été aussi fertiles en bénéfices que l'avaient esperés les individus qui menaient les réformes, notamment en Bolivie.

Par contre, Lauzon mentionne que les haut prix nuisent aux Canadiens, tout à fait d'accord! Les familles, à cause de l'inélasticité de la consommation de pétrole, accusent difficillement les fluctuations, mais c'est pas une raison de nationaliser, d'autres outils peuvent être utilisés pour s'assurer une certaine équité. C'est sur le plan politique que ca m'inquiète!

Au lendemain du premier choc pétrolier, l’opinion publique Canadienne se questionnait quant à la propriété juridique de la ressource, la fixation des prix et la taxation des revenus pétroliers. Pour répondre aux craintes de l’opinion publique, Pierre Elliott Trudeau décréta la politique énergétique nationale (PEN). La mesure visait, notamment, à assurer la souveraineté de l’État canadien vis-à-vis les fluctuations du aux instabilités des marchés internationaux. En quelques mots, la PEN est donc la stratégie visant à promouvoir la possession énergétique de la Couronne, contrôler les prix, diriger l’exploration, renflouer les coffres de l’État et ce, dans l’optique d’assurer le niveau des stocks énergétiques canadiens. La compagnie Pétro-Canada est le résultat le plus connu du programme énergétique de Pierre E. Trudeau. C’est-à-dire que cette mesure avait pour but de protéger les canadiens de la hausse des prix des carburants en refusant à l’Alberta de vendre son pétrole au prix du marché. Cela avait provoqué la fureur des Albertains.

Ce programme est, sans aucun doute, un des éléments fondateurs de ce qu’on appelle l’aliénation de l’Ouest, état d’esprit résidant dans la croyance des citoyens de l’Ouest d’être mal desservi par le gouvernement fédéral au profit des provinces de l’est, principalement des deux pôles démo-économique canadiens, l’Ontario et le Québec. Ce mouvement de l’aliénation de l’ouest a également permis la naissance du Reform Party de Preston Manning. La PEN fut extrêmement impopulaire dans les provinces de l’Ouest puisque c’étais perçu comme étant une tentative du gouvernement fédéral d’enrichir les provinces de l’est (en gardant les prix du brut en dessous du marché mondial, le gouvernement fédéral n’enlevait donc pas seulement un élément de richesse aux provinces de l’Ouest, mais subventionnais de façon déterminé les économies des provinces de l’est) ainsi que de s’approprier les richesses de leur territoire provincial. La PEN était aussi considéré comme une intrusion des compétences provinciales.

La réponse de l’Alberta, via son premier ministre Peter Lougheed, a été immédiate. Afin de contrecarrer les plans du gouvernement fédéral, plusieurs projets d’extractions et de développement ont été retardés. Les représentants de la provinces ont même été jusqu’à annoncé la fin de l’exportation interprovinciale du pétrole vers les autres provinces jusqu’à ce qu’une entente soit conclue. Cette politique força le gouvernement canadien à cesser son protectionnisme nationaliste et de s’accorder avec plus d’exactitude sur les cours des prix mondiaux. Lors de la campagne électorale qui porta au pouvoir Brian Mulroney, celui-ci a promis d’abolir le programme énergétique, ce qu’il a fait dans les plus brefs délais de son mandat.

Donc, l'Alberta bénéficie grandement de son industrie pétrolière. Il serait possible qu'advenant une hausse continue du prix du baril, un déséquilibre économique entre les provinces pourrait se faire sentir et les provinces qui ne bénéficient pas directement de la ressource pourraient mettre de la pression pour une intervention fédérale.

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